1994
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Salvador - La montagne, l'enfant et la mangue

Résumé

Au cœur de l’Amérique du Sud, une montagne, aussi belle dans la clarté du matin que cruelle dans l’obscurité des mines qui la sillonnent de toute part. Salvador, un enfant de la montagne devenu écrivain, se rappelle… le départ sans retour de son père et de son frère, les crayons de couleur d’Ana et les rêveries de Teresa, ses sœurs, les cireurs de chaussures dont il aurait dû partager le destin, si sa mère n’avait pas cru aussi fort que tout manguier peut produire des mangues.

En se remémorant son passé, Salvador renoue avec l’âme, la culture et les valeurs de son peuple. Des valeurs qui touchent à l’essentiel et qui nous rejoignent à des kilomètres de distance.

8 à 12 ans
68 minutes
350 à 650 spectateurs
Crédits

Texte
Suzanne Lebeau

Mise en scène
Gervais Gaudreault

Assistance à la mise en scène
Monique Corbeil, Robert Vézina

Distribution
Jean-Guy Viau (Salvador), Carole Chatel (Benedicta – La mère, à la création), Monique Richard (Benedicta – La mère), Marcela Pizarro (Teresa, Ana, Bianca Albacarra, Maria), Luc Bourgeois (Le père, Enrique, José, Alvaro, à la création), Patrice Coquereau (Le père, Enrique, José, Alvaro), Marcelo Arroyo (Le père, Enrique, José, Alvaro), Alejandro Venegas (Le musicien)

Scénographie, accessoires et projections
Francine Martin

Costumes
Mireille Vachon

Éclairages
Dominique Gagnon

Recherche musicale
Alejandro Venegas

Maquillage
Nathalie Gagné

Coiffure et perruques
Pierre Lafontaine

Régie son, décor, projections
Carol Lechasseur

Régie générale et d’éclairage
Dominique Gagnon

Diction anglaise
Robert Vézina

Traduction anglaise
John Van Burek

Photos du spectacle : Yves Dubé et François-Xavier Gaudreault

Extraits de presse

« Une grande justesse et une grande magie théâtrales. »

Radio-Canada/CBF FM, Montréal

« Un magnifique voyage pour les enfants d’ici ».

Cahiers de théâtre JEU, Montréal

« Un texte d’une beauté et d’une pureté à arracher des larmes. »

Elle Québec, Montréal

« C’est beau! C’est beau! C’est ce qui vient à l’esprit de tout le monde en quittant la salle. (…) Le texte de Suzanne Lebeau est superbe, tout en nuances. »

Journal de Montréal

« Jean-Guy Viau gives such a genuine and humanly expressive performance, that even the six-year-old sitting in front of me was completely rapt throughout. (…) Set and lighting are an absolute delight. »

Hour, Montréal

« La compagnie du Carrousel fait rêver tous les enfants. (…) À travers [l’histoire de Salvador] se dresse celle de tous les enfants qui jonglent avec les étoiles, chassent les nuages et cueillent les fruits d’un arbre invisible. »

Le Courrier, Genève

« Un théâtre d’émotions vraies dont la beauté et la pureté auront touché la sensibilité des enfants mais aussi des adultes ».

Écho de la Dordogne, Sarlat

« Le Carrousel s’impose comme l’une des compagnies les plus représentatives du nouveau théâtre jeune public. »

L’Essor Sarladais, Sarlat

« Les adultes auraient grand tort d’en abandonner les délices à leurs cadets. (…) La réussite de ce spectacle intense et poétique pare la compagnie québécoise d’un nouveau label de qualité, qui s’ajoute à une solide réputation de créations théâtrales joliment abouties. »

Le Provençal, Vaucluse-Sud

« Les critiques adultes ne se sont pas trompés, qui ont sacré Suzanne Lebeau un des grands auteurs pour enfants. Grand auteur tout simplement parce que comme disait Montaigne: « Il n’est rien de si beau et si légitime que de faire bien l’homme et dûment ». »

Le Méridional, Cavaillon

« Un voyage mythique sur les chemins de la tendresse, une rencontre avec l’enfant que nous avons été, pour découvrir le maître mot de la vie qui est l’amour. »

L’Air d’Avignon

« Un bijou d’humanité et une belle réussite artistique. »

Le Soleil, Québec

« La métaphore est belle. Efficace: l’enfance en direct; l’exubérance malgré la misère; la mort aussi présente que la vie… Une sorte de concentré, de condensé « pur Sud » de la réalité de là-bas que Suzanne Lebeau connaît bien. Un bonheur. Dur, comme il sait l’être parfois, le bonheur. […] Il y a aussi que la mise en scène enlevée et forte en images de Gervais Gaudreault nous fait croire sans hésiter à tout ce que l’on voit se passer là: le dispositif scénique colle à la vie qui s’étale ici alors que l’humanité profonde de tout cela réussit à s’inscrire clairement dans chacune des situations mises en relief. Quant au texte de Suzanne Lebeau, il est partout sobre, souple, simple et lumineux tout en sachant parler de choses que l’on n’ose même plus aborder dans les chaumières: les vraies relations entre les gens, la valeur de l’effort, du sacrifice […]. »

Michel Bélair, Le Devoir

« Pièce d’espoir, de courage, Salvador nous transporte tout au sud, sans nous dépayser totalement, plaçant le petit spectateur dans une zone de confort mais ouvrant toute grande la porte de la découverte dans l’imaginaire des petits et des grands. C’est grâce au langage (quelques mots et quelques expressions en espagnol, comme « Salvadorsito », qui veut dire « petit Salvador »), que l’auteure Suzanne Lebeau a su si bien manier, et à la mise en scène, de Gervais Gaudreault, d’une belle simplicité et efficacité, que le Pérou, ses habitants et sa réalité difficile nous sont offerts. »

David Lefebvre, MonTheatre.qc.ca

Historique de la production

Créée en français à la Salle Fred-Barry de la Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT) à Montréal le 1er décembre 1994 et en anglais au New Victory Theatre à New York le 30 avril 1997.

Prix Francophonie Jeunesse (Radio France Internationale) en 1994

Prix littéraire de la citoyenneté de Maine et Loire en 2002

Saison 1996-1997 : 24 représentations
Au Québec : Montréal (Salle Fred-Barry, Nouvelle Compagnie Théâtrale).

 

Saison 1995-1996 : 67 représentations
Au Québec : Québec (Les Gros Becs).
Au Canada : Ottawa (Théâtre français du Centre national des Arts).
En France : Nanterre; Marne-la-Vallée; Chambéry; Saint-Étienne; Annecy; Sarlat; Cavaillon; Villeneuve-lès-Avignon; Mantes-la-Jolie.
En Suisse : Genève.

 

Saison 1996-1997 : 75 représentations
En France : Angoulême; Blanquefort; Béthoncourt; Clichy; Narbonne; Meylan; Sartrouville; Sète; Trappes; Vitrolles.
Au Canada : Toronto (The Milk International Children Festival).
Au Québec : Beloeil; Longueuil; Mont-Laurier.
Aux États-Unis : New York (New Victory Theatre); Philadelphie (Int’l Festival for Children).

 

Saison 1997-1998 : 27 représentations
Au Québec : Terrebonne; Montréal (Maison Théâtre).
Au Canada : Calgary (Calgary Int’l Children’s Festival).
Aux États-Unis : Albuquerque (Albuquerque Int’l Children’s Festival).

 

Saison 2008-2009 : 15 représentations
Au Québec : Montréal (Maison Théâtre).

 

Saison 2009-2010 : 26 représentations
Au Québec : Terrebonne, Longueuil, Sainte-Geneviève, Saint-Léonard, Laval, Côte-des-Neiges, Rivière-des-Prairies.

 

PUBLICATIONS :

En français : VLB Éditeur (Québec) et Théâtrales (France); En espagnol : El Milagro Ediciones (Mexique); En farsi : (Iran)

Exposition en lien avec le spectacle

Humanidad –
Les enfants travailleurs du Nicaragua

HUMANIDAD

Depuis 1999, Patrick Dionne et Miki Gingras (PatMiki) créent conjointement des œuvres photographiques abordant des problématiques politiques, sociales ou culturelles. La démarche de ces deux artistes porte sur les frontières physiques ou psychologiques découlant des règles et des structures établies par notre société mondialisée et les effets de ces frontières sur l’individu. Ils ont amorcé le projet Humanidad à travers le Québec et l’Amérique latine à la suite d’une réflexion sur la perception qu’ont les gens de leur milieu de vie et les répercussions de la mondialisation sur celui-ci. Pour PatMiki, explorer la relation de l’enfant et de l’adulte avec son milieu de vie par la création d’œuvres photographiques est une préoccupation constante. Ils ont choisi d’intégrer les enfants travailleurs dans le processus de création, une participation qui se manifeste autant par des témoignages et des mises en scène que par la prise d’images. Le travail d’exploration sur le terrain devient ainsi un véritable lieu d’échange entre les artistes et la communauté d’accueil puisque l’intégration du participant aux différentes étapes du projet permet aux jeunes de prendre la parole pour raconter leur réalité et aux photographes d’être les témoins privilégiés de leur intimité.

LES ENFANTS TRAVAILLEURS DU NICARAGUA

Ce projet artistique a été réalisé en 2005, 2006 et 2008, auprès de plus de 300 jeunes. Le choix des enfants travailleurs s’est imposé de lui-même : au Nicaragua, plus de 50% de la population est d’âge mineur. Les enfants sont amenés très tôt à travailler pour aider leur famille et s’affairent à des tâches variées, à la ville comme à la campagne. PatMiki ont réalisé leur parcours dans le pays, guidés par le regard de ces jeunes à qui l’enfance a été dérobée. Les images réalisées à partir de cameras obscuras donnent une impression de rêve, d’irréalité. Les flous fantomatiques créés par les longs temps d’exposition servent parfaitement le sujet, illustrant ces présences oubliées dans la foule, ignorées par un contexte économique et politique qui freine la pleine réalisation des jeunes. Ces images nous invitent à réfléchir à notre rapport au travail, à la communauté et aux différences et similitudes entre ces vies et les nôtres.

La série d’images en noir et blanc se compose de sténopés créés par les enfants, illustrant leur vision du travail, de la famille, de la communauté et de la culture nicaraguayenne.

La série d’images en couleurs, signée PatMiki, est un témoignage artistique de l’expérience vécue au Nicaragua et une allégorie du regard qu’ils portent sur la vie de ces enfants marginalisés.

MOT DU COMMISSAIRE

En parallèle à la présentation de Salvador, il m’apparaît important de faire connaître le travail de PatMiki qui, depuis près de 10 ans, ont créé des liens profonds avec les enfants
de l’Amérique du Sud.

En faisant cohabiter le point de vue de ces deux artistes avec celui des enfants, un dialogue fécond s’engage par la manière qu’ils ont de percevoir le monde, portée par le regard de chacun.

LE TRAVAIL DES ENFANTS AU QUÉBEC

Lorsqu’il est question du travail des enfants, on pense immédiatement aux nombreux pays en voie de développement où ce phénomène est une réalité quotidienne. Pourtant, le travail des enfants a été un élément important de l’industrialisation au Québec, surtout dans la seconde moitié du 19e siècle. Cette pratique s’est cependant maintenue bien au-delà de cette période. Le travail des enfants procurait aux familles ouvrières de maigres revenus supplémentaires permettant de payer le loyer, la nourriture, le chauffage. Au début du 20e siècle, certains groupes de travailleurs obtiennent de meilleures conditions de travail. Dans les années 1930 et 1940, les syndicats font des percées dans plusieurs secteurs, ce qui fait reculer progressivement le travail des enfants. Mais tous les secteurs n’évoluent pas au même rythme et beaucoup d’entreprises continuent à avoir recours à la main d’œuvre des jeunes. À Montréal, dans les quartiers populaires, de nombreuses familles comptaient sur l’apport de leurs enfants au budget familial, même dans les années 1950. À cette époque, le travail des enfants était parfois saisonnier. On peut évoquer l’exemple de l’usine Raymond située sur la rue Panet, à Montréal. Fabricant de confiture et de marinades, cette entreprise comptait environ 180 employés. Lors de la saison des récoltes, ce nombre dépassait les 1100 ouvriers et ouvrières, pour la plupart âgés entre 10 et 14 ans. Si les récoltes débutaient avant la fin de l’année scolaire, certaines familles préféraient envoyer leurs enfants à l’usine de transformation plutôt qu’en classe, ce que déploraient les autorités scolaires du quartier. À la même époque, ailleurs en province, la situation était similaire. Que ce soit à la ferme familiale, à la mine, sur la mer ou en forêt, bien que moins nombreux, les enfants étaient encore présents dans le monde du travail pour contribuer aux revenus de la famille.

Éric Giroux
Historien
Écomusée du fier monde

Pour télécharger le programme de cette exposition, cliquer ici.

Pour de plus amples informations sur ce projet ou encore pour l’accueillir en vos murs, nous vous invitons à visiter le site Internet de PatMiki à l’adresse suivante: www.diasol.org