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Le passé, présent ou futur
dans une suite de détours
de pas en avant
de pas en arrière
de pas de côté
avec déjà des traces derrière
et des pistes devant. |
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« Traces, l’exposition-parcours de Gervais Gaudreault (avec la collaboration de Michel Demers, scénographe, et de Suzanne Lebeau, auteure) était issue d’un désir similaire de s’inscrire dans l’histoire, de garder en mémoire les signes concrets d’un cheminement fait d’objets condamnés à disparaître : des pièces de théâtre. Célébrant les dix ans du Carrousel, l’exposition rassemblait dessins, maquettes, pots de peinture, portes, fenêtres et accessoires, retraçant, par des costumes, des marionnettes et des éléments scénographiques tirés des huit productions de la troupe, un itinéraire amoureux voué à l’enfance et à l’exigence artistique. En fond sonore, des voix d’enfants jouant à l’extérieur; partout, des souliers usés, de pointures diverses, soulignant le passage du temps. Conçue comme un environnement théâtral (les objets par terre, au plafond, au centre, autour, encerclaient les visiteurs) et ponctuée d’immenses pages de textes échouées çà et là sur les éléments de décor, l’exposition était habitée, éloquente, émouvante. »
JEU, cahier de théâtre #39

NAISSANCE DU PROJET
Le projet est né de la volonté de fêter un anniversaire (les 10 ans du Carrousel, 1985) par un acte de création « en marge », centré sur nous mais ouvert et offert au public et aux artisans de théâtre qui font partie de nos dix ans.
Cette histoire, nous l’avons voulue partielle et subjective, élaborée dans l’espace avec les objets qui ont habité notre théâtre dans une envie de tisser de nouveaux liens, d’établir une complicité inhabituelle. D’où la présence d’un scénographe dans le projet. Nous avons également voulu marquer de façon significative la particularité du Carrousel dans son rapport à la dramaturgie et au texte. D’où la présence d’une auteure dans le projet.

ÉLABORATION
La première étape en a été une d’inventaire et d’écoute. Regarder les décors, costumes et accessoires qui ont survécu et les laisser nous parler d’essai, de raté, de plaisir, de voyage, de tâtonnement et de succès. Les objets se sont révélés de merveilleux déclencheurs. Ils ont raconté et nous ont guidé dans le chemin parcouru à l’envers.
Le regard émotif que nous avons porté sur notre passé, s’est vite doublé d’un regard critique par l’effet du temps qui décante, épure, oublie, classe et inscrit.

Chacune des huit créations de nos dix premières années a trouvé son langage pour s’inscrire dans le parcours :
- Ti-Jean voudrait bien se marier, mais..., premier spectacle créé en 1975, a choisi l’espace. La porte, si manifestement théâtrale, nous invite à entrer dans le lieu et le temps.
- Pour Le Jardin qui s’anime, l’absence significative d’objets, disparus ou jugés peu intéressants, souligne que notre mémoire n’a retenu de cette création que le passage vers...
- La Chanson improvisée, qui nous a rappelé une relation privilégiée avec les enfants, si intense et nécessaire que le souvenir a choisi de s’arrêter.
- Quatrième zone, quatrième moment, l’accessoire raconte : Chut! Chut! Pas si fort!, a laissé un fouillis qui ressemble à la forêt.
- Retour à la ville et aux lignes droites, dans la zone Petite ville deviendra grande, le décor prend toute la place. Non pas seulement de ce décor qui sert au jeu, mais dans son histoire qui part des tous premiers croquis, à la maquette, à la grandeur nature. Des fils tendus relient chacune des étapes.
- La zone Une lune entre deux maisons parle de voyages, de tournées, d’usure des objets qui se sont multipliés pour assurer la continuité de ce tout petit spectacle pensé et prévu pour une expérimentation et qui a franchi le cap des 500 représentations (au moment de l’exposition, plus de 800 au total pour la production du Carrousel). Plume et Taciturne s’installent... dans leurs valises.
- Le costume, qu’on a peu vu, trouve sa place dans la zone des Petit Pouvoirs. Élément technique majeur, dans la multiplication des personnages, le costume, tel que traité, a magnifiquement rendu la balance fragile des petites victoires, des petites défaites, des petits pouvoirs qui se jouent entre parents et enfants.
- Pour la Marelle, dernière création de nos dix ans, le recul nous manque et le souvenir s’arrête à la préproduction, à la production, aux essais et ratés de couleur, aux répétitions encore toutes chaudes.

Enfin, un dernier moment, celui qui s’ouvre sur des pistes...
Tout au long du travail de définition de chacune des zones, une question s’est posée. Comment manifester clairement et théâtralement la place très importante du public à l’intérieur même du spectacle ou dans le processus de création ? Comment relier entre elles chacune de ces créations dont l’objectif premier est toujours resté le même à travers des recherches très différentes : rejoindre et toucher les enfants dans la relation privilégiée du théâtre ?
Les souliers...
Grands ou petits, collés sur ceux des personnages, ou sagement rangés pour regarder, placés avant ou après les éléments du spectacle. Des souliers, partout dans nos traces.

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Photos
et illustrations :
Manon André, Bernard Bélanger, Véro Boncompagni, Caroline Bourbonnais,
Bernard Brault, Nathalie Caron, Maxime Côté, Marc Cramer, Jacques Driol, Yves Dubé,
Stéphane Dumais, Marc Dussault, Matthew Fournier, Émilie Gagné-Prud’homme, François-Xavier Gaudreault, Alain Gauvin,
Sophie Grenier, Jean-François Hamon, Josée Lambert, Bruno Marcil, Wolfgang Noethlichs, Bernard Préfontaine, Olivier Prialnic,
Isabelle Rancier, Mathieu Rivard, Yves Renaud,Daniel Robillard, Marie-Claude Rodrigue, Pierre Roussel, Jean-Christophe Verbert, Chen Yu-Wei, Izabel Zimmer.
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