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Cultural actions

With the goal of opening a window on the arts and providing a clear understanding of their work, author Suzanne Lebeau and director Gervais Gaudreault feel that it is important to manifest their artistic vision and their thoughts about childhood and art in a variety of ways.

The Exhibitions

Director Gervais Gaudreault acts as an exhibition curator within the context of cultural activities undertaken by the company. For the Parisian première of Le bruit des os qui craquent at Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine, from 30 January to 2 February 2009, Le Carrousel presented L'art comme champ de bataille, an exhibition of sculptures by Amisi Mungo Serge and puppets by Amisi Mungo Serge and Yaoundé Mulamba Nkita, two ex-child soldiers with whom Suzanne Lebeau collaborated in Kinshasa.

During the reprise of Salvador at Maison Théâtre in 2008, Le Carrousel presented, in parallel, the exhibition Humanidad – Les enfants travailleurs du Nicaragua by photographers Patrick Dionne and Miki Gingras. This exhibition was presented again in 2009–10 at the Maison des Arts de Laval and the Maison de la Culture Côte-des-Neiges.

During the presentation of Souliers de sable at Maison Théâtre in Montreal and the National Arts Centre in Ottawa in 2007–08, Gervais Gaudreault presented Pas à pas, an installation of 500 pairs of shoes, to welcome young audiences, and for the inaugural tour of Petit Pierre in France, he designed the exhibition Entre les lignes, which provided a glimpse at the path taken by the show.

In 1998, for the Quebec première of L’Ogrelet at Maison Théâtre, Gervais Gaudreault produced La forêt s’expose, an exhibition of contemporary art by a number of Quebec artists. This project was warmly received a second time when it was shown in the fall of 2001 at the Centre d’exposition de Mont-Laurier.

In 1993, the director created Lorsque le conte et la réalité se jouent l’un de l’autre, in symbiosis with the show Contes d’enfants réels, and in 1985 he curated Traces, an exhibition marking the company’s 10th anniversary.

L'art comme champ de bataille

L'art comme champ de bataille

 

L'art comme champ de bataille

Lors de la présentation de la pièce Le bruit des os qui craquent au Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine, du 30 janvier au 2 février 2009, Gervais Gaudreault et Suzanne Lebeau ont souhaité partager avec le public parisien une exposition des sculptures d'Amisi Mungo Serge ainsi que des marionnettes d'Amisi Mungo Serge et Yaoundé Mulamba Nkita, deux ex-enfants soldats avec qui Suzanne Lebeau a collaboré à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

L'art comme champ de bataille

L'exposition mise en place par Gervais Gaudreault offrait une vitrine à l'installation du directeur artistique de la Cie Charleroy-danses en Belgique, monsieur Thierry de Mey. Comprenant une quarantaine de sculptures et un documentaire tourné à Kinshasa sur la démarche artistique d'Amisi, cette installation a également été présentée à Bruxelles, Salzbourg et Dortmund. À cette installation, se sont greffées les réalisations marionnettiques d'Amisi et Yaoundé, des oeuvres créées par ces deux jeunes artistes depuis leur formation à l'Espace Masolo de Kinshasa.

L'art comme champ de bataille

La présence d'Amisi et Yaoundé lors de la première parisienne a été importante pour l’équipe de création et le public. Il fallait vivre les échanges d’Amisi et Yaoundé avec le public sur leur expérience d’enfants soldats, la formation reçue à l’Espace Masolo et leur expérience de jeunes artistes. Il fallait voir Yaoundé, dans les loges, conseiller l’actrice qui interprète Elikia sur la manière de tenir son arme. Pour nous tous, voir Amisi et Yaoundé à Paris, loin de Kinshasa, blessés, marqués dans leur enfance, être si simplement des humains qui rêvent d’un monde meilleur et faire de l’art leur nouveau champ de bataille nous redonnait confiance en l’humanité, nous prouvant que oui, la résilience est encore possible.

Humanidad - Les enfants travailleurs du Nicaragua

Humanidad

HUMANIDAD

Depuis 1999, Patrick Dionne et Miki Gingras (PatMiki) créent conjointement des œuvres photographiques abordant des problématiques politiques, sociales ou culturelles. La démarche de ces deux artistes porte sur les frontières physiques ou psychologiques découlant des règles et des structures établies par notre société mondialisée et les effets de ces frontières sur l’individu. Ils ont amorcé le projet Humanidad à travers le Québec et l’Amérique latine à la suite d’une réflexion sur la perception qu’ont les gens de leur milieu de vie et les répercussions de la mondialisation sur celui-ci.

Pour PatMiki, explorer la relation de l’enfant et de l’adulte avec son milieu de vie par la création d’œuvres photographiques est une préoccupation constante. Ils ont choisi d’intégrer les enfants travailleurs dans le processus de création, une participation qui se manifeste autant par des témoignages et des mises en scène que par la prise d’images. Le travail d’exploration sur le terrain devient ainsi un véritable lieu d’échange entre les artistes et la communauté d’accueil puisque l’intégration du participant aux différentes étapes du projet permet aux jeunes de prendre la parole pour raconter leur réalité et aux photographes d’être les témoins privilégiés de leur intimité.

LES ENFANTS TRAVAILLEURS DU NICARAGUA

Ce projet artistique a été réalisé en 2005, 2006 et 2008, auprès de plus de 300 jeunes. Le choix des enfants travailleurs s’est imposé de lui-même : au Nicaragua, plus de 50% de la population est d’âge mineur. Les enfants sont amenés très tôt à travailler pour aider leur famille et s’affairent à des tâches variées, à la ville comme à la campagne. PatMiki ont réalisé leur parcours dans le pays, guidés par le regard de ces jeunes à qui l’enfance a été dérobée. Les images réalisées à partir de cameras obscuras donnent une impression de rêve, d’irréalité. Les flous fantomatiques créés par les longs temps d’exposition servent parfaitement le sujet, illustrant ces présences oubliées dans la foule, ignorées par un contexte économique et politique qui freine la pleine réalisation des jeunes. Ces images nous invitent à réfléchir à notre rapport au travail, à la communauté et aux différences et similitudes entre ces vies et les nôtres.

La série d’images en noir et blanc se compose de sténopés créés par les enfants, illustrant leur vision du travail, de la famille, de la communauté et de la culture nicaraguayenne.

La série d’images en couleurs, signée PatMiki, est un témoignage artistique de l’expérience vécue au Nicaragua et une allégorie du regard qu’ils portent sur la vie de ces enfants marginalisés.

Humanidad

MOT DU COMMISSAIRE

En parallèle à la présentation de Salvador, il m’apparaît important de faire connaître le travail de PatMiki qui, depuis près de 10 ans, ont créé des liens profonds avec les enfants de l’Amérique du Sud.

En faisant cohabiter le point de vue de ces deux artistes avec celui des enfants, un dialogue fécond s’engage par la manière qu’ils ont de percevoir le monde, portée par le regard de chacun.

Gervais Gaudreault

LE TRAVAIL DES ENFANTS AU QUÉBEC

Lorsqu’il est question du travail des enfants, on pense immédiatement aux nombreux pays en voie de développement où ce phénomène est une réalité quotidienne. Pourtant, le travail des enfants a été un élément important de l’industrialisation au Québec, surtout dans la seconde moitié du 19e siècle. Cette pratique s’est cependant maintenue bien au-delà de cette période.

Le travail des enfants procurait aux familles ouvrières de maigres revenus supplémentaires permettant de payer le loyer, la nourriture, le chauffage. Au début du 20e siècle, certains groupes de travailleurs obtiennent de meilleures conditions de travail. Dans les années 1930 et 1940, les syndicats font des percées dans plusieurs secteurs, ce qui fait reculer progressivement le travail des enfants. Mais tous les secteurs n’évoluent pas au même rythme et beaucoup d’entreprises continuent à avoir recours à la main d’œuvre des jeunes. À Montréal, dans les quartiers populaires, de nombreuses familles comptaient sur l’apport de leurs enfants au budget familial, même dans les années 1950.

À cette époque, le travail des enfants était parfois saisonnier. On peut évoquer l’exemple de l’usine Raymond située sur la rue Panet, à Montréal. Fabricant de confiture et de marinades, cette entreprise comptait environ 180 employés. Lors de la saison des récoltes, ce nombre dépassait les 1100 ouvriers et ouvrières, pour la plupart âgés entre 10 et 14 ans. Si les récoltes débutaient avant la fin de l’année scolaire, certaines familles préféraient envoyer leurs enfants à l’usine de transformation plutôt qu’en classe, ce que déploraient les autorités scolaires du quartier.

À la même époque, ailleurs en province, la situation était similaire. Que ce soit à la ferme familiale, à la mine, sur la mer ou en forêt, bien que moins nombreux, les enfants étaient encore présents dans le monde du travail pour contribuer aux revenus de la famille. 

Éric Giroux
Historien
Écomusée du fier monde

Pour télécharger le programme de cette exposition, cliquer ici.

Pour de plus amples informations sur ce projet ou encore pour l'accueillir en vos murs, nous vous invitons à visiter le site Internet de PatMiki à l'adresse suivante: www.diasol.org

 

Pas à pas

Une installation

où mille souliers se retrouvent suspendus

entre ciel et terre.

À qui ont-ils appartenu?

Quel chemin ont-ils parcouru?

Chacun à sa manière raconte une histoire.

Cinq cents histoires d'hommes,

de femmes

et d'enfants.

 

Conception: Gervais Gaudreault 
avec la collaboration de François-Xavier Gaudreault

 Pas à pas

À la Maison Théâtre (Montréal)

 

De cuir souple pour les premiers pas
de satin dans les salons
de cuir vernis le matin de Noël
de corne pour les révolutions
de petit veau pour les châteaux
de bois pour le théâtre
de toile pour l’été
de laine rêche dans les campagnes moyenâgeuses 
de caoutchouc sous les pluies acides 
de ciment quand la peur parle 
de guenilles dans les contes 
de babiche pour la neige 
de feu sous la torture 
d’argile pour les géants fragiles 
de sable doux pour les vacances

ils traversent les siècles
et les cultures
les terres arables
et celles qui font pousser des roches
les grands froids et les sécheresses
les villes et les campagnes
les montagnes et les ravins.
Ils vont vers l’est, vers l’ouest
montent au pôle Nord
descendent au pôle Sud
deux pas derrière
et un petit pas de danse.
Ils vont à l’école et à la guerre
marchent en rang et au pas
ils désertent
s’écartent
explorent
se perdent
s’empilent dans les armoires des femmes de dictateurs.

Toujours
tous les jours
d’une génération à l’autre
ils marchent
se sauvent
se poursuivent l’un l’autre
se fondent amoureusement
font des petits
se figent dans l’attente
se trompent
reculent
recommencent
piétinent impatients
et repartent droit devant.
Ils se remettent en chemin
vieillissent
hésitent maladroits ou fatigués
s’usent un peu plus
repartent hardiment
se trouent
marchent encore
le matin et le soir
dans la nuit
sous la pluie
dans la neige
sous le soleil 
dans les rêves et les souvenirs…

Ultime coquetterie 
sous la planche du cercueil
on s’obstine encore à chausser les pieds
qui ne marcheront plus!

Suzanne Lebeau

Pas à pas

Au Centre national des Arts (Ottawa)

Pas à pas

 Photos à la Maison Théâtre et au CNA : François-Xavier Gaudreault.

Entre les lignes

PARCOURS D'UNE MISE EN SCÈNE

Cette installation du metteur en scène Gervais Gaudreault a été présentée en France au Havre, à Reims, Genève, Épinay-sur-Seine et Lorient ainsi qu'au Québec à la Maison Théâtre, au Carrefour international de théâtre de Québec, à Longueuil et Outremont. En tout, neuf villes auront reçu ce projet qui retrace le trajet de l’équipe de création du spectacle Petit Pierre et permet au public de découvrir la démarche du metteur en scène et de s’initier à la richesse et la complexité de son travail.

CRÉATION DE PETIT PIERRE

Le récit de Petit Pierre, j’ai choisi de le théâtraliser par le biais de l’évocation, source de métaphore. En plongeant dans cet univers, j’ai d’abord entendu deux voix, celle de la grande et celle de la petite histoire, parfois en écho, parfois en battements de l’une et de l’autre.

J’ai ensuite imaginé un Petit Pierre, par touches impressionnistes, afin d’en préserver le mystère. Je réalisais que je ne pouvais pas reproduire son manège, que je ne pourrais jamais, sur scène, en rendre la beauté et la vérité.

Caroline Bourbonnais l’avait compris en m’encourageant à créer à partir de l’œuvre de Petit Pierre une machine théâtrale autonome, lieu d’expression du récit, lieu de vie théâtralisé. « Mentez, me disait-elle, avec votre tête et votre cœur. »

En espérant que mon mensonge ne trahisse pas sa vérité.

Gervais Gaudreault

Fiche technique

Cette exposition comporte 12 panneaux (10 qui représentent chacune des séquences du spectacle, ainsi que deux tableaux) et deux lutrins pour le prologue et l’épilogue.

Dimensions des tableaux

Chacun des tableaux mesurent 24 x 36 pouces (environ 60 x 80 cm) pour les dix séquences du spectacle et 18 x 24 pouces (environ 45 x 60 cm) pour le prologue et l’épilogue.

Dimensions minimales de l’air d’exposition

La superficie occupée par l’exposition est de 40 pieds (largeur) x 6 pieds (hauteur), soit approximativement 12 mètres x 2 mètres. Un système d’accrochage est nécessaire ainsi que deux lutrins fournis par la structure d’accueil. 

Éclairage

Un éclairage dirigé sur chaque séquence est préférable pour la présentation de l’exposition.

Photos prises dans le foyer de la Salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec dans le cadre du Carrefour international de Québec, par François-Xavier Gaudreault.

La forêt s'expose

Exposition en arts visuels présentée à Montréal par le Carrousel en collaboration avec la Maison Théâtre, du 21 octobre au 8 novembre 1998 dans le hall et les foyers de la Maison Théâtre. L'exposition a été reprise à Mont-Laurier à l'automne 2001.

Commissaire : Gervais Gaudreault

assisté de Francine Martin en 1998 et de Jean-Jacques Ringuette en 2001. 

 

 

LES ARTISTES | LA DISCIPLINE | LE TITRE

Claude-Philippe Benoit | Photographie | Voûte fanée / Chapître Ô-Nu.

Sylvie Bouchard | Peinture | Paysage inversé : l'enracinement du ciel.

Guy Bourassa | Sculpture | Ombres.

Lise-Hélène Larin | Installation | L'arbre est dans ses feuilles.

Francine Larivée | Installation | Transparente légèreté. Dérive des courants.

Gilles Mihalcean | Sculpture | La forêt.

Monique Mongeau | Peinture sur bois | L'herbier.

Roberto Pellegrinuzzi | Photographie | Le chasseur d'images.

Michel Saulnier | Sculpture sur bois | Prends-moi la nuit #1.

 

Artiste de la région invitée à Mont-Laurier : Angèle Cornu.

 

 

 

Ombres (1996), Guy Bourassa - Bois de noyer et brindilles de bois, 5 éléments, 20 cm X 10 cm X 46 cm chacun.

 

Depuis toujours, la forêt fascine, attire, effraie. Elle porte nos envies d’explorer, notre soif de nous trouver tout en nous perdant, et demeure le lieu des rencontres inattendues, parfois troublantes, toujours révélatrices de ce que nous avons de plus intime.

Tout au long de la création du spectacle L'Ogrelet, la forêt a été source des interprétations les plus personnelles et les plus originales : elle nous a littéralement fascinés. Cette fascination, j’en ai retrouvé l’écho chez de nombreux artistes du Québec, qui nourrissent et inspirent mon travail ainsi que celui de la scénographe Francine Martin. Nous avons voulu la partager avec le public, enfants et adultes, et lui donner l’occasion d’allier, en une seule sortie, plaisir du théâtre et des arts visuels. C’est de ce désir qu’est né le projet La forêt s'expose.

Les enfants ont rarement la chance de rencontrer l’art contemporain. Pourtant, ils sont à l’âge de la disponibilité la plus grande et ils n’ont pas de préjugés sur ce que doit être l’art… C’est aussi sans préjugés que tous les artistes ont répondu à mon invitation, avec enthousiasme, générosité, passion et engagement. Je les en remercie chaleureusement, ainsi que tous ceux et celles qui nous ont soutenus dans cette belle aventure.

Au public, je souhaite une agréable promenade...

Gervais Gaudreault

 


À LA MAISON THÉÂTRE EN 1998 :

En avant-plan : Prends-moi la nuit #1 (1992), Michel Saulnier - Pigments de couleur, pâte de bois, huile de tung et cèdre. En arrière-plan : L'herbier, extrait(1993-1997), Monique Mongeau - Huile et cire sur panneaux de merisier, 15 panneaux de 38 cm X 56 cm chacun.

En avant-plan : Prends-moi la nuit #1 (1992), Michel Saulnier - Pigments de couleur, pâte de bois, huile de tung et cèdre. En arrière-plan : Voûte fanée, Chapitre Ô-Nu (1992), Claude-Philippe Benoit - Diptyque, deux épreuves argentiques encadrées, 138 cm X 195 cm chacune.

À gauche : La forêt (1995), Gilles Mihalcean - Plâtre et plâtre peint, bois, corde et plomb 5,18 m X 158,8 cm X 119,4 cm. En arrière-plan : Paysage inversé : l'enracinement du ciel (1990), Sylvie Bouchard - Aquarelle sur bois, 120 cm X 90 cm (Collection Banque Nationale). À droite : L'arbre est dans ses feuilles (1998), Lise-Hélène Larin - Le Devoir, La Presse, Le Soleil, The Gazette, The Globe and Mail, The New York Times (semaines du 21 septembre au 19 octobre 1998) et élastiques #14. 3,6 m X 6 m X 5 cm. Son : feuilles dans le vent.

 

À gauche : Le chasseur d'images (1993), Roberto Pellegrinuzzi - Épreuves argentiques, carton, cadres et épingles à spécimens 195 cm X 560 cm X 10 cm. À droite : Transparente légèreté. Dérive des courants (1998), Francine Larivée - 48 bocaux de verre, ossements, transparents plastifiés et textes.

 

À MONT-LAURIER EN 2001 :

Ombres (1996), Guy Bourassa - Bois de noyer et brindilles de bois, 5 éléments, 20 cm X 10 cm X 46 cm chacun.

Titre inconnuAngèle Cornu.

Transparente légèreté, dérive des courants (1998), Francine Larivée - 48 bocaux de verre, ossements, transparents plastifiés et textes.

En avant-plan : Prends-moi la nuit #1 (1992), Michel Saulnier - Pigments de couleur, pâte de bois, huile de tung et cèdre. En arrière-plan : L'herbier (1993-1997), Monique Mongeau - Huile et cire sur panneaux de merisier, 24 panneaux de 38 cm X 56 cm chacun

La forêt (1995), Gilles Mihalcean - Plâtre et plâtre peint, bois, corde et plomb 5,18 m X 158,8 cm X 119,4 cm.

 

Photographies de Daniel Roussel (Maison Théâtre) et Lucien Lisabelle (Mont-Laurier).

Lorsque le conte et la réalité...

 

Lorsque le conte et la réalité...

se jouent l'un de l'autre

 

La scénographie et l'environnement visuel de Contes d'enfants réels sont le résultat d'une longue recherche menée par le metteur en scène Gervais Gaudreault et le scénographe Richard Morin. Les deux créateurs ont puisé leur inspiration dans l'art brut et l'art populaire et Richard Morin a produit, pour les besoins du spectacle, une série de figurines en terre cuite représentant certains personnages.

À partir de ces figurines, Francine Martin, en collaboration avec Gervais Gaudreault, a créé des mises en scène qu'elle a regroupées dans une exposition intitulée Lorsque le conte et la réalité... se jouent l'un de l'autre offerte simultanément à la présentation de Contes d'enfants réels à Montréal en 1995-96, dans le cadre de la tournée Jouer dans l'île (aujourd'hui appelée le Conseil des Arts de Montréal en tournée).

« Dans mon travail sur Contes d'enfants réels, je me suis laissé guider par l'avalanche de mots, le rythme des phrases, la beauté des images. Parce que les contes sont des portraits d'enfants et d'adultes, j'ai choisi de les situer dans un grand cadre, de leur donner la couleur de ces photos de famille qui emprisonnent, le temps d'un instant, le temps de la mémoire, des petits morceaux de vie. » 

Gervais Gaudreault

 

Cette exposition comporte 7 présentoirs (8 lors de la création), un pour chaque conte, et une affiche encadrée (titre et brève description). Chaque présentoir est constitué d'une base en bois, surmontée d'un cube en plexiglass. Les figurines représentant les personnages principaux des contes sont installées à l'intérieur des cubes.

Dimensions des présentoirs

30 cm (largeur) X 30 cm (profondeur) X 1,2 m (hauteur).

Dimensions minimales de l'aire d'exposition

5,5 m (largeur) X 1,8 m (profondeur).

Éclairage

Chaque présentoir est éclairé par une lampe halogène fournie par le Carrousel.

SUZANNE LEBEAU, GERVAIS GAUDREAULT,

LE CARROUSEL ET CONTES D'ENFANTS RÉELS

 

Chers spectateurs, petits et grands, bonjour!

Je m'appelle Suzanne Lebeau et je suis l'auteure de la pièce Contes d'enfants réels. Et oui, mon métier c'est d'écrire des pièces de théâtre pour les jeunes, qu'ils soient tout-petits ou beaucoup plus grands, comme vous... C'est ma vie, ma passion.

Au cours des dernières années, j'ai écrit des portraits des enfants et des adultes qui m'entourent et m'inspirent, portraits que j'ai regroupés sous le titre Contes d'enfants réels. Ce sont des textes rythmés, où les situations et l'action se construisent autour d'une rime, d'une onomatopée, d'une image. J'ai écrit ces contes pour le plaisir de l'écriture et du souvenir, sans penser à une collection, à un lecteur et encore moins à un public éventuel. Mais Gervais Gaudreault les a lus et a eu l'envie d'en faire un spectacle de théâtre.

Les contes mettent en scène des personnages d'enfants, petits et grands, qui ressemblent à mes enfants, à mes neveux et nièces, à leurs amis et à d'autres enfants que j'ai croisés dans ma vie. Peut-être, je l'espère, vous reconnaîtrez-vous dans ces personnages... Peut-être aussi pourrez-vous reconnaître, dans les personnages d'adultes de la pièce, votre mère qui trouve que vous avez un peu trop de caractère, votre père que vous ne pouvez déranger lorsqu'il lit son journal, une tante enceinte qui se fait du mauvais sang parce qu'elle ne peut arrêter de fumer, votre professeur de violon qui ne jure que par Vivaldi...

LE TRAC, VOUS CONNAISSEZ?

Alors que vous prendrez la route, l'équipe du spectacle sera en plein travail. Avant chaque représentation, que ce soit la première ou la centième, tout le monde a le trac, une peur terrible qui donne parfois mal au coeur. Malgré tout, c'est le branle-bas de combat. Rien à voir avec l'armée, mais on peut faire des analogies facilement.

Comme un véritable général, le metteur en scène, Gervais Gaudreault, transmet les dernières consignes à ses troupes (acteurs, éclairagiste, sonorisateur). On fait des ajustements au décor, on règle les intensités de son, on replace des projecteurs, on révise les effets... Tout ça est à recommencer avant chaque représentation. Parfois aussi, les créateurs du décor, des costumes, des accessoires, des projections sont sur place pour procéder à des modifications. Oups! Une fermeture-éclair craque vingt minutes avant le lever du rideau. Le désastre. Il faut recoudre le tout en vitesse et espérer que ça va tenir jusqu'à la fin du spectacle.

Pendant ce temps, les acteurs sont dans les loges et se maquillent. Pour eux, le trac est encore plus fort. Ils ont des gargouillis dans le ventre, ils ont toujours envie de pipi et ils se demandent pourquoi ils ont choisi ce métier-là. Pour se détendre, ils feront sans doute une italienne, c'est-à-dire qu'ils réciteront leur texte tout haut, histoire de se remémorer chaque mot, chaque intention.

Moi aussi, lorsque j'assiste à une représentation, j'ai le trac. Je me cache derrière les colonnes et, quand personne ne me regarde, je me ronge les ongles. Il est trop tard pour rattraper les mots que j'ai écrits. Je crois que j'ai bien travaillé, mais le théâtre réserve toujours des surprises et on ne sait jamais si le spectacle va plaire ou non au public.

Enfin! Prêts, pas prêts, ce sera bientôt l'heure de commencer...

DANS L'OMBRE DE LA SALLE...

Enfin! Le noir se fait dans la salle et la lumière sur la scène... Le silence dans la salle et la musique sur la scène. Le moment magique est arrivé. Dès que le rideau est levé, il n'y a plus de travail, plus de fatigue : il n'y a que deux comédiens qui vous feront vivre le plaisir du théâtre et qui, je l'espère, vous en donneront le goût pour le reste de votre vie.

C'est parti, pour le meilleur et pour le pire, pour le théâtre et pour la vie. Un premier rire et c'est le soulagement pour toute l'équipe...

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter...

 

BON SPECTACLE!

 

Traces

Traces

 

 

Le passé, présent ou futur

dans une suite de détours

de pas en avant

de pas en arrière

de pas de côté

avec déjà des traces derrière

et des pistes devant.

 

 

« Traces, l’exposition-parcours de Gervais Gaudreault (avec la collaboration de Michel Demers, scénographe, et de Suzanne Lebeau, auteure) était issue d’un désir similaire de s’inscrire dans l’histoire, de garder en mémoire les signes concrets d’un cheminement fait d’objets condamnés à disparaître : des pièces de théâtre. Célébrant les dix ans du Carrousel, l’exposition rassemblait dessins, maquettes, pots de peinture, portes, fenêtres et accessoires, retraçant, par des costumes, des marionnettes et des éléments scénographiques tirés des huit productions de la troupe, un itinéraire amoureux voué à l’enfance et à l’exigence artistique. En fond sonore, des voix d’enfants jouant à l’extérieur; partout, des souliers usés, de pointures diverses, soulignant le passage du temps. Conçue comme un environnement théâtral (les objets par terre, au plafond, au centre, autour, encerclaient les visiteurs) et ponctuée d’immenses pages de textes échouées çà et là sur les éléments de décor, l’exposition était habitée, éloquente, émouvante. »

JEU, cahier de théâtre #39

 

NAISSANCE DU PROJET

Le projet est né de la volonté de fêter un anniversaire (les 10 ans du Carrousel, 1985) par un acte de création « en marge », centré sur nous mais ouvert et offert au public et aux artisans de théâtre qui font partie de nos dix ans.

Cette histoire, nous l’avons voulue partielle et subjective, élaborée dans l’espace avec les objets qui ont habité notre théâtre dans une envie de tisser de nouveaux liens, d’établir une complicité inhabituelle. D’où la présence d’un scénographe dans le projet. Nous avons également voulu marquer de façon significative la particularité du Carrousel dans son rapport à la dramaturgie et au texte. D’où la présence d’une auteure dans le projet.

ÉLABORATION

La première étape en a été une d’inventaire et d’écoute. Regarder les décors, costumes et accessoires qui ont survécu et les laisser nous parler d’essai, de raté, de plaisir, de voyage, de tâtonnement et de succès. Les objets se sont révélés de merveilleux déclencheurs. Ils ont raconté et nous ont guidés dans le chemin parcouru à l’envers.

Le regard émotif que nous avons porté sur notre passé, s’est vite doublé d’un regard critique par l’effet du temps qui décante, épure, oublie, classe et inscrit.

Chacune des huit créations de nos dix premières années a trouvé son langage pour s’inscrire dans le parcours :

Ti-Jean voudrait bien se marier, mais..., premier spectacle créé en 1975, a choisi l’espace. La porte, si manifestement théâtrale, nous invite à entrer dans le lieu et le temps.

- Pour Le Jardin qui s’anime, l’absence significative d’objets, disparus ou jugés peu intéressants, souligne que notre mémoire n’a retenu de cette création que le passage vers...

La Chanson improvisée, qui nous a rappelé une relation privilégiée avec les enfants, si intense et nécessaire que le souvenir a choisi de s’arrêter.

- Quatrième zone, quatrième moment, l’accessoire raconte : Chut! Chut! Pas si fort!, a laissé un fouillis qui ressemble à la forêt.

- Retour à la ville et aux lignes droites, dans la zone Petite ville deviendra grande, le décor prend toute la place. Non pas seulement de ce décor qui sert au jeu, mais dans son histoire qui part des tout premiers croquis, à la maquette, à la grandeur nature. Des fils tendus relient chacune des étapes.

- La zone Une lune entre deux maisons parle de voyages, de tournées, d’usure des objets qui se sont multipliés pour assurer la continuité de ce tout petit spectacle pensé et prévu pour une expérimentation et qui a franchi le cap des 500 représentations (au moment de l’exposition, plus de 800 au total pour la production du Carrousel). Plume et Taciturne s’installent... dans leurs valises.

- Le costume, qu’on a peu vu, trouve sa place dans la zone des Petit Pouvoirs. Élément technique majeur, dans la multiplication des personnages, le costume, tel que traité, a magnifiquement rendu la balance fragile des petites victoires, des petites défaites, des petits pouvoirs qui se jouent entre parents et enfants.

- Pour la Marelle, dernière création de nos dix ans, le recul nous manque et le souvenir s’arrête à la préproduction, à la production, aux essais et ratés de couleur, aux répétitions encore toutes chaudes.

Enfin, un dernier moment, celui qui s’ouvre sur des pistes...

Tout au long du travail de définition de chacune des zones, une question s’est posée. Comment manifester clairement et théâtralement la place très importante du public à l’intérieur même du spectacle ou dans le processus de création ? Comment relier entre elles chacune de ces créations dont l’objectif premier est toujours resté le même à travers des recherches très différentes : rejoindre et toucher les enfants dans la relation privilégiée du théâtre ?

Les souliers...

Grands ou petits, collés sur ceux des personnages, ou sagement rangés pour regarder, placés avant ou après les éléments du spectacle. Des souliers, partout dans nos traces.